L'œuvre
En 1928, Carl Theodor Dreyer tourne à Paris un film sur le procès de Jeanne d'Arc, à partir des archives judiciaires réelles. Il décide de filmer presque exclusivement des visages. Pas de décors élaborés, pas de batailles, pas de costumes flamboyants — juste des visages, en gros plan, dans une lumière crue.
Le résultat est d'une puissance rare. Renée Falconetti, actrice de théâtre que Dreyer a repérée dans une comédie légère, incarne Jeanne avec une intensité qui n'a jamais été égalée. Chaque larme, chaque regard, chaque hésitation est filmé au plus près. On a l'impression de voir quelqu'un souffrir pour de vrai.
Pourquoi ce film est à part
La plupart des grands films du cinéma muet impressionnent par leur mise en scène, leurs décors, leur ampleur visuelle. La Passion de Jeanne d'Arc impressionne par le contraire : le dépouillement total, la proximité, l'humanité nue. Dreyer n'a besoin de rien d'autre qu'un visage.
Le film a failli disparaître — la copie originale a brûlé dans un incendie. Une copie a été retrouvée en 1981 dans un placard d'un hôpital psychiatrique norvégien. C'est cette version, restaurée, qui est disponible ici.
Une œuvre du domaine public
La Passion de Jeanne d'Arc date de 1928 et appartient au domaine public.