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Poésie

Alcools

Guillaume Apollinaire
1913
Domaine public

Le recueil qui fait le pont entre le XIXe siècle et la modernité. Apollinaire supprime toute la ponctuation, mélange le lyrisme ancien et les images du monde nouveau — les autos, les avions, les néons. Ça n'a pas vieilli.

L'œuvre

Alcools paraît en 1913, un an avant la guerre. Apollinaire a trente-trois ans et vient de décider, au dernier moment, de supprimer toute la ponctuation du recueil. Les virgules, les points, les tirets — tout a sauté. Les poèmes respirent autrement depuis.

On y trouve Le Pont Mirabeau — peut-être le poème français le plus connu du XXe siècle. On y trouve La Chanson du Mal-Aimé, longue et douloureuse. On y trouve des images qui n'existaient pas avant lui : le troupeau d'autobus mugissants, les becs de gaz allumés dans Paris.

Ce qu'Apollinaire a changé

Il est le premier à faire entrer le monde moderne dans la poésie française sans l'embellir. Avant lui, la poésie regardait la nature, l'Antiquité, les sentiments éternels. Lui regarde le Pont Mirabeau et les immigrés dans les cafés parisiens. C'est un tournant.

Une œuvre du domaine public

Apollinaire est mort en 1918, emporté par la grippe espagnole après avoir été blessé au front. Son œuvre appartient à tous.